Fonds actions encore confidentiel de la Banque d'Orsay avec seulement 1,7 million d'euros d'encours, Orsay 45 "cherche à capter la volatilité des marchés", selon Vincent Lequertier son gérant. C'est ce qui explique son biais TMT (technologie, médias et télécommunications), les valeurs de ce secteur étant fortement volatiles.
En pratique, le fonds est investi à hauteur de 60 % environ dans les TMT au sens large, Vincent Lequertier estimant par exemple qu'eBay ou Amazon sont des valeurs technologiques alors qu'elles sont classées "retail". Pour le reste, le gérant saisit les opportunités du moment.
En termes géographiques, un tiers du portefeuille est placé en France, un autre tiers en Europe et un dernier tiers aux Etats-Unis, voire en Asie, ce qui le place dans la catégorie actions internationales.
Le gérant a par ailleurs la possibilité de couvrir la totalité de son portefeuille. "Tant que la conjoncture est favorable, je reste exposé aux actions. Dans des marchés plus complexes, je me couvre, comme c'est le cas en ce moment", explique Vincent Lequertier, qui ajoute : "la couverture est pour moi un actif comme un autre qui peut être géré de façon agressive".
D'une manière générale, la gestion du portefeuille est dynamique, notamment sur 40 % d'un portefeuille qui compte environ 25 valeurs.
Pour capter la volatilité des marchés, "je cherche des sociétés qui ont fait l'objet de ventes excessives ponctuelles, afin d'essayer de profiter d'un rebond", explique Vincent Lequerties. Cela peut le conduire à investir dans des entreprises qu'il n'affectionne pas particulièrement. "Par exemple, j'ai investi dans Alcatel, une valeur que je n'aime pas beaucoup. Mais il y a clairement de l'argent à faire, car le titre a été trop vendu", poursuit-il.
Mais la plupart des lignes du portefeuille sont des sociétés que le gérant apprécie, comme Nokia, qui a été également survendue, et qui compose aujourd'hui 8 % du portefeuille.
Depuis le début de l'année au 30 mai 2008, Orsay 45 cède 5,47 %, selon les statistiques d'Europerformance. Mais sur trois ans à la même date, il gagne 46,60 %, se classant ainsi troisième de la catégorie Diversifiés International à dominante actions.
Outre Nokia, les principales lignes du portefeuille sont aujourd'hui Dassault Aviation, une société que Vincent Lequertier considère comme "de la technologie très haut de gamme" et qui profite d'un avantage concurrentiel et d'une véritable capacité à imposer ses prix aux clients, des critères qui sont primordiaux pour le gérant. La résistance de cette valeur, dont il détient environ 9 %, l'a d'ailleurs bien aidé dans les marchés baissiers.
Autre conviction forte, qui n'est pas une technologique : Eurotunnel, "qui est une protection complète contre la hausse des prix du pétrole".
En effet, "le pétrole cher pénalise les compagnies aériennes et les compagnies maritimes, qui sont les concurrents d'Eurotunnel", explique Vincent Lequertier. En outre, "le Paris Londres est maintenant rapide sur toute la ligne, la dette est restructurée, la société a des projets d'extension… c'est une vraie recovery".