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O. Pastré : "D'autres faillites bancaires sont possibles en Europe"
Par Jean-Philippe von Gastrow / 03 Octobre 2008 / 03:19
Professeur à l’Université de Paris VIII, l’économiste estime que le plan Paulson n’est pas suffisant pour enrayer la crise financière. Le pilotage exigera la révision des réglementations internationales.
Newsmanagers.com : la nouvelle version du Plan Paulson, examinée par le congrès US aujourd'hui, peut-elle résoudre la crise financière actuelle ?

Olivier Pastré : Ce plan a le mérite d’exister et de fournir des liquidités aux banques américaines, qui en ont bien besoin en ce moment.

Mais toute la difficulté de la période actuelle résulte de l’enchevêtrement de deux crises simultanées : une crise de solvabilité, liée à la qualité des actifs de certaines banques, qui a commencé avec le problème du subprime ; et une crise de liquidité, qui est la conséquence de la première.

Le resserrement des conditions de crédit a provoqué un assèchement de la liquidité, nécessitant un refinancement massif des banques. Le plan Paulson permet de régler pour un temps la question du manque de liquidité. Mais il ne résout rien sur le fond.

Il nous reste à identifier la nature et l’ampleur des actifs toxiques détenus par les banques américaines.

Au mois de juillet dernier, le FMI avait avancé un montant de 1.000 milliards de dollars, évaluation jugée alors très pessimiste par beaucoup. Elle paraît maintenant optimiste.

Les banques européennes sont-elles plus solides que leurs homologues américaines ?

- La crise a une origine systémique et l’Europe n’est pas à l’abri de la contagion, comme on peut le constater actuellement.

Certes, les banques européennes, et tout particulièrement les banques françaises, sont plus saines, plus solides et mieux surveillées que les banques d’investissement américaines.

Mais les sauvetages de Fortis et de Dexia nous montrent que les établissements européens ne sont pas à l’abri. Dans la période de défiance actuelle, des faillites d’établissements financiers sont possibles en Europe.

Les banques centrales ont-elles pris les bonnes mesures ?

- Il faut saluer la réactivité des banques centrales qui ont injecté massivement des liquidités, permettant ainsi d’éviter une crise systémique majeure.

De ce point de vue, le parallèle avec la crise de 1929 est absurde. A cette époque, le ralentissement économique avait précédé la crise financière, ce qui n’est pas le cas actuellement. En 1929, les banques centrales avaient commis l’erreur de fermer l’accès au crédit. Les banquiers centraux font actuellement l’inverse avec des injections de liquidités depuis plus d’un an.

Mais les banques centrales ont aussi par le passé encouragé la titrisation : au moins en partie, elles sont donc responsables de la crise actuelle.

La crise actuelle annonce-t-elle un accroissement de la régulation du système financier mondial ?

-  Le cadre réglementaire actuel a montré sa faiblesse. Au moins deux grandes réglementations devraient être réexaminées et révisées : les normes IFRS ; et les normes prudentielles internationales, de type Bâle II.

En valorisant les actifs au prix du marché, elles créent un effet de pro-cyclicité : elles accélèrent les mouvements des marchés financiers à la hausse, mais aussi à la baisse.

La crise financière va-t-elle entraîner les économies dans une récession ?

- La crise financière va provoquer des effets de transmission au reste de l’économie. Mais bien malins sont ceux qui peuvent prévoir avec quelle intensité et selon quel calendrier.






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