N. Komilikis, Sextant Peak Oil : "le baril va continuer à monter"
Certains analystes estiment que, à l’issue de la saison des ouragans dans le Golfe du Mexique et de la "driving season" américaine, les cours du pétrole devraient refluer en septembre.
Ce n’est pas l’avis de Nicolas Komilikis, gérant de Sextant Peak Oil, un fonds d’Amiral Gestion (17 millions d’euros d'encours) : "La hausse est structurelle et je pense que le baril va continuer à monter", estime le gérant, selon lequel une centaine de dollars constitue un plancher mais qui ne serait pas surpris de voir le baril à 200 USD.
Afin d'accompagner ce "peak", le FCP met en portefeuille des sociétés d’exploitation et de production pétrolières ainsi que des sociétés de services pétroliers.
Pour la première catégorie, qui représente environ les 2/3 des 25 sociétés du portefeuille, l’accent est d'abord mis sur la solidité : "je cherche des compagnies qui ont des réserves sécurisées, c’est-à-dire qui ne sont pas situées dans des pays politiquement instables", explique Nicolas Komilikis.
De là, la préférence est donnée aux valeurs cotées qui, en combinant ces deux critères, offrent le meilleur potentiel de croissance. A cette aune, ATP Oil and Gaz, cotée à New York et détenant des réserves dans le Golfe du Mexique et la Mer du Nord, est un bon exemple du genre. L’action de cette compagnie américaine qui cote actuellement autour de 43 dollars devrait doubler à moyen terme, estime le gérant.
Les sociétés de service pétrolier sont l’autre axe d’investissement de Peak Oil. Il s’agit de compagnies possédant des plateformes pétrolières – dont le coût pour la dernière génération de matériel atteint 700 millions de dollars - et qui les louent et les exploitent afin de trouver et de développer de nouveaux champs.
Parmi ces sociétés qui "font des trous", la préférence de Nicolas Komilikis va à Transocéan, leader mondial du forage en eau profonde, et au norvégien Fred Olsen. Pour cette dernière valeur, spécialisée dans le "mid water", le forage en profondeur intermédiaire, le gérant prévoit une hausse de 50 % de la valeur de l’action, qui vaut actuellement environ 325 couronnes norvégiennes (40 euros), d’ici quelques années.
Pour préparer l’avenir, Sextant Peak Oil, qui a pour but de profiter la baisse de la production mondiale de pétrole, va aussi investir dans les secteurs tirant profit de cette raréfaction. "A terme, nous serons peut-être investis dans les voitures électriques ou les énergies de substitution", avertit le gérant. Mais d’ici là, il y a du grain à moudre puisque, pour l’instant, la totalité du portefeuille est mobilisée sur des valeurs pétroles.