F. Mouté (NOAM) : "j'apprécie Apache et Schlumberger" (2)
Newsmanagers : Comment construisez-vous l'allocation de votre portefeuille ?
François Mouté : Le portefeuille de Noam US Opportunités est composé de 65 valeurs environ et la position moyenne ne dépasse pas les 1,5 %. Pour contrôler le risque de baisse, nous avons la possibilité de vendre des futurs sur indice.
Nous n'utilisons aucun screening quantitatif pour choisir nos valeurs. Je dirais même que c'est l'antithèse de la gestion que je pratique avec mon équipe. Nous pratiquons un stock picking pur.
Dans ma vie professionnelle je rencontre beaucoup de sociétés, ce qui est important pour être sensibilisé à leur stratégie et leurs projets. Les rencontres avec le management des sociétés sont primordiales. Je recherche en priorité des sociétés dont la direction a une vision claire, qui comprend ce qui se passe autour d'elle et qui sait réagir de manière adaptée. Une fois que nous avons identifié une société active dans un secteur qui nous
plait, nous regardons de plus près les données financières et décidons si le prix de la valeur est d'un niveau raisonnable.
Quel est l'objectif patrimonial du fonds ?
Notre objectif est de gagner de l'argent. Il n'est certainement pas de refléter un indice boursier ou d'obtenir une performance relative. Notre première priorité est de ne pas perdre d'argent. Au fil des années, on observe que cette exigence nous a fait gagner de l'argent pour nos clients.
Nous essayons d'obtenir une performance d'au moins 10 % supérieure à l'indice sur une longue période, de manière à rémunérer l'investissement boursier, qui est risqué.
Quelles sociétés ont actuellement votre préférence ?
Dans le secteur du pétrole, je donne ma préférence aux sociétés qui raffinent et exploitent plutôt qu'aux sociétés intégrées. J'apprécie Apache et Schlumberger, une belle société de services pétroliers.
La première position de Noam USA Opportunités est le producteur d'engrais Mosaic. La société aurifère Goldcorp occupe également une belle place au sein de mon portefeuille, tout comme Bunge, un producteur agricole.
Quelles sont, selon vous, les qualités d'un bon gérant?
Dans la vie, il faut savoir pour quel métier on est fait et s'y tenir. On ne peut pas tout faire. Je suis plutôt un coureur de marathon. Le 100 mètres n'est pas ma spécialité, donc je laisse cette discipline aux autres.
Pour être un bon gérant, il faut surtout des années de pratique de la gestion afin d'obtenir l'expérience nécessaire. Il faut aussi avoir fait des erreurs… En tout cas, la ténacité est une qualité indispensable. Il faut se fixer un cap et le conserver.