C. Olivier, Hexago : "l'avenir est aux bons gérants alternatifs"
Le 8 février dernier, Finaltis, société de gestion indépendante (300 millions d’euros d’encours) dont BNP Paribas détient 10 % du capital, lançait le fonds de fonds alternatifs Aria III Hexago.
Comme son nom l’évoque, ce fonds présente la particularité d’être investi dans des fonds alternatifs gérés par des sociétés de gestion françaises.
Un choix qui ne relève pas uniquement du gadget marketing. Pour Denis Beaudoin, président du directoire de Finaltis, "il y a un vrai intérêt à investir dans un environnement transparent, liquide, sécuritaire et bien contrôlé qu’est celui qui existe en France".
A titre d’exemple, 64 % des 163 fonds alternatifs qui composent l’univers affichent une liquidité quotidienne.
Dans ce vivier, après une analyse quantitative des performances et une due diligence, le gérant, Christophe Olivier, a retenu 16 fonds pour le portefeuille dont les encours ressortent aujourd’hui à 12 millions d’euros.
Dès le lancement d’Hexago, en février, le gérant a mis en place une allocation plutôt défensive. Une approche qui a été renforcée depuis, notamment par le biais de l’augmentation de la poche de cash.
Celle-ci s’établit à 13 % à fin septembre, "un niveau très élevé pour Finaltis", reconnaît Denis Beaudoin. "Ce cash ne nous sert pas uniquement à traverser la crise, mais aussi à saisir des opportunités. D’autant que nous voyons des aberrations totales sur le marché", ajoute-t-il.
Au total, dans ce contexte chahuté, le fonds, multigérants et multistratégies, perd 1,49 % depuis sa création au 30 septembre.
Cette contre-performance (toute relative si on la compare aux autres fonds de fonds multistratégies Aria III et aux actions traditionnelles) a été principalement le fait de l’exposition aux stratégies d’arbitrage, qui ont pesé pour -1,68 % (Acropole Convertible Arbitrage et Anakena Maximus), mais également au seul fonds de gestion traditionnelle du portefeuille, en l’occurrence Varenne Sélection.
Ces pertes ont été compensées en partie grâce aux CTA (+1,16 %), et notamment aux fonds Cyril Haute Fréquence et Cyril Systématique gérés par la société de gestion John Locke Investments (500 millions de dollars d’encours sous gestion) spécialisée dans la gestion systématique quantitative sur les contrats à terme.
A moyen terme, après la purge des excès du système, Christophe Olivier estime que les bons gérants alternatifs pourront bénéficier d’opportunités exceptionnelles.
"La panique actuelle crée des absurdités : des convertibles valent moins que l’obligation équivalente, des obligations traitent 300 points de base au-delà des CDS équivalents…", affirme-t-il.
Mais, pour l’instant, la prudence reste de mise. Le gérant préfère alléger l’arbitrage de convertibles, l’arbitrage de crédit, les long/short actions fondamentaux et l’arbitrage de fusions et acquisitions. Sa faveur continue de se porter sur les CTA court terme, l’arbitrage de volatilité et… le cash.