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SGAM pessimiste sur l’avenir des fonds monétaires dynamiques
Par Laurence Marchal / 25 Février 2008 / 11:16
En 2007, 14,1 milliards d’euros se sont volatilisés des fonds monétaires dynamiques de la Société Générale Asset Management (SGAM) et, dans cet entretien à Newsmanagers, Alain Clot, son président, estime que l’avenir de cette classe d’actifs est menacé.

Vous annoncez des retraits de 14,1 milliards d'euros sur les monétaires dynamiques en 2007. Combien vous reste-t-il sur ce type d'OPCVM ?

Alain Clot : Il nous reste 11 milliards d'euros désormais sur les fonds monétaires dynamiques, dont un tiers sur les fonds monétaires dynamiques à moteur de crédit, qui sont le point sensible. Cela représente un peu moins de 4 milliards d'euros. Je précise que les retraits ont été enregistrés à partir du mois d'août : 7,8 milliards au troisième trimestre et 6,3 milliards au quatrième.
Ce sont des chiffres conformes à ce qui s'est passé sur le marché. Je voudrais enfin souligner que nos OPCVM monétaires n'ont pas été affectés par les #subprime#. Nous n'avons pas d'actifs compromis parmi nos sous-jacents. Le problème est que, compte tenu de la crise, tous les sous-jacents, même de bonne qualité comme les ABS, les obligations corporate ou les subordonnées bancaires, n'ont plus de liquidité.

Vous indiquez avoir assuré la liquidité des OPCVM monétaires dynamiques en rachetant vous-même des actifs et en les portant au bilan de SGAM. Quel est le montant porté au bilan ?

Alain Clot : Nous avons effectivement décidé d'assurer la liquidité de nos OPCVM monétaires dynamiques. Nous n'avons pas voulu abandonner nos clients. Et nous n'avons pas non plus souhaité fermer d'OPCVM. Au 31 décembre 2007, nous portions au bilan de SGAM 4,4 milliards d'euros. Je tiens à souligner que les actifs offrent un carry positif, qu’ils sont d’excellente qualité et de maturité relativement courte. Nous devrions récupérer une grande partie des dépréciations constatées au cours des deux prochaines années.

Aujourd'hui, vous indiquez que les fonds monétaires dynamiques enregistrent encore des retraits. Cette classe d'actifs va-t-elle disparaître ?

Alain Clot : Le véritable problème concerne les fonds monétaires dynamiques à moteur de crédit. Les fonds monétaires traditionnels ne sont pas en difficulté et font même l'objet de souscriptions. Quant aux autres monétaires dynamiques, ils fonctionnent normalement. Les encours de nos monétaires dynamiques à moteur de crédit sont tombés à un niveau très bas. Il n'est pas impossible que ces encours descendent encore et arrivent à zéro ; dès lors, ils disparaîtront.

Peut-on pour autant affirmer que plus personne n'achètera de monétaires dynamiques ?

Alain Clot : C'est difficile à dire, car il restera une demande pour du rendement au dessus du taux sans risque, à laquelle il faudra répondre, mais de manière différente. Ce qui est sûr, c'est qu'il faudra faire d'importants efforts pour optimiser la liquidité, et être beaucoup plus pédagogues.

Vous indiquiez que vous alliez récupérer une partie des 270 millions d'euros d'encours de pertes et dépréciations courant 2008 ? Etes-vous toujours aussi optimiste ?

Alain Clot : Il est difficile de dire à partir de quand le marché va se retourner.

Les fonds monétaires dynamiques ne représentent que 1 % de vos revenus environ. Et pourtant cela e plombe votre bilan 2007…

Alain Clot : Oui, c'est vrai. On peut penser que c'est un crève-cœur de dépenser autant d'argent pour une activité ne représentant que 1 % des revenus. Et pourtant, c'est une décision commerciale honorable en faveur du client, que nous ne regrettons pas.






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